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Une majorité de la population mondiale parle plus d’une langue au quotidien. Que ce phénomène touche aussi la littérature, voilà ce qu’on semble redécouvrir à l’heure de la globalisation des histoires littéraires et des questions sur la place du français dans le monde. Ces dernières années, la pratique des écrivains faisant littérature dans une langue acquise tardivement – ici appelée translinguisme littéraire ou écriture translingue – a connu une nette montée en singularité. Pour faire le point sur ce phénomène, ce dossier donne la parole à un écrivain ; retrace l’émergence et les usages de la catégorie littéraire translingue ; mais surtout réunit des articles de jeunes chercheuses qui exemplifient la diversité et la complémentarité des approches critiques développées pour l’appréhender, en une remise en cause productive de l’idée qu’on se fait de la francophonie littéraire.

 

Terre de traduction, terre traduite : l’originalité du rapport québécois à la traduction ne semble pas pouvoir être mise en doute, ce qui autorise à consacrer un numéro d'Interfrancophonies à cette jonction. Le volume recueille une série de contributions qui relient la Belle Province à la traduction – à l’intérieur, évidemment, du domaine d’élection de la revue, la littérature, à entendre ici dans le sens quelque peu élargi de fiction (ce qui nous permettra d’élargir notre réflexion au théâtre ou encore à la bande dessinée). Le regard porté sur les rapports qui relient les notions de Québec et de traduction est double, à la fois interne («terre de traduction») et externe («terre traduite») ; quant aux approches adoptées, elles sont multiples, et touchent tour à tour des aspects descriptifs, historiques, pratiques.

 

L’autotraduction est un phénomène global qui connaît une diffusion importante ; ses contours ne cessent d’être explorés par les cartographes de l’autotraduction qui, surtout depuis une vingtaine d’années, s’appliquent à en dresser les cartes. Le phénomène a une ampleur historique, géographique, littéraire et socioculturelle très significative. Les approches, découlant de différentes disciplines tracent une sorte de carte d’identité, avec ses lignes fondamentales. Ce numéro, présente des questions théoriques et définitoires, des études de cas et des réflexions métalinguistiques de la part des écrivains autotraducteurs ; l’objectif est de participer à une mise au point de la carte identitaire de ce voyage dans l’altérité qu’est l’autotraduction, aventure qui ne cesse de passionner. 

Table des matiéres

Bibliographie du numéro

 

Traiter en général de l’engagement en littérature, ou dans une seule littérature, voire même dans un corpus homogène circonscrit et essayer d’en dresser un bilan exhaustif: vaste programme ! Trop amples les territoires littéraires à arpenter, trop nombreux les ouvrages et les auteurs à prendre en considération, trop complexes et variés les objets de l’analyse d’abord, de la synthèse en suite. Trop grande, voire énorme, la masse de données et de travaux déjà réalisés à prendre en compte. Il reste néanmoins possible de réunir les efforts à ce sujet de quelques chercheurs, se solidarisant à partir d’un trait commun contraignant et tout en gardant chacun ses spécificités d’origine, d’intérêts, de penchants. De là l’idée de donner un aperçu, circonscrit – certes! – mais fécond, de ce que la problématique, l’exigence de l’engagement ont pu donner dans un champ culturel et littéraire marqué par une homogénéité historique et sociale forte : le champ des littératures de langue française, dans des pays et des cultures souvent assez ou fort éloignées déjà entre elles. Le résultat est ce volume comprenant des essais consacrés à des textes venant du Québec, de l’Afrique francophone sub-saharienne, du Maghreb, du Machrek et des Caraïbes (Haïti).