Avant-propos : traduction au Québec, Québec en traduction

Paola Puccini, Fabio Regattin

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Terre de traduction, terre traduite : l’originalité du rapport québécois à la traduction ne semble pas pouvoir être mise en doute, ce qui autorise à consacrer un numéro d'Interfrancophonies à cette jonction. Le volume recueille une série de contributions qui relient la Belle Province à la traduction – à l’intérieur, évidemment, du domaine d’élection de la revue, la littérature, à entendre ici dans le sens quelque peu élargi de fiction (ce qui nous permettra d’élargir notre réflexion au théâtre ou encore à la bande dessinée). Le regard porté sur les rapports qui relient les notions de Québec et de traduction est double, à la fois interne («terre de traduction») et externe («terre traduite») ; quant aux approches adoptées, elles sont multiples, et touchent tour à tour des aspects descriptifs, historiques, pratiques.

DOI: 10.17457/IF8_2017/PUR

Louis Dantin, traducteur de poésie américaine

Patricia Godbout

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Cet article se penche sur les traductions de poèmes américains faites par Louis Dantin au fil de recensions qu’il publie dans Le Jour à la fin des années 1930 et au début des années 1940. Ces traductions sont réunies par Gabriel Nadeau sous le titre «Imitations de l’anglais» dans le recueil Poèmes d’outre-tombe (1962). Par l’entremise de ses comptes rendus d’anthologies de poésie américaine, parsemés de ses traductions de quelques vers, Dantin fait oeuvre de passeur de littérature américaine auprès du lectorat canadien-français et en profite pour faire le point, à la fin de sa vie, sur sa conception de la poésie.

DOI: 10.17457/IF8_2017/GOD

Hétérolinguisme, traduction et surtitrage dans les théâtres francophones du Canada

Louise Ladouceur

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Bilingues par nécessité, les artistes franco-canadiens de l’Ouest investissent leurs ressources linguistiques dans la création d’un répertoire dramatique hétérolingue qui offre un défi de taille à la traduction. Contrairement à la traduction conventionnelle, qui évacue le texte source, les surtitres permettent de conserver l’hétérolinguisme de l’oeuvre originale et de la rendre accessible à différents publics. Pratiqué par des théâtres oeuvrant en contexte minoritaire, ce mode de traduction fait cohabiter le français et l’anglais dans des espaces traditionnellement consacrés à des productions culturelles de langue française, ce qui met en relief l’inégalité du rapport de force entre les langues officielles du Canada.

DOI: 10.17457/IF8_2017/LAD

« Des fois, j’ai l’impression que je te parle dans une autre langue ». Et au pire, on se mariera : le passage du Québec à la France

Marco Modenesi

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L'étude comparative de l'édition québécoise et de l'édition française du roman de Sophie Bienvenu Et au pire, on se mariera montre qu'on se trouve face à une singulière et inattendue opération d'autotraduction intralinguistique. L'essai s'interroge ainsi sur la nature des modifications qui entrent en jeu ainsi que sur les motivations qui justifieraient cette opération visant un aspect essentiel, le code linguistique, d'une oeuvre d'art littéraire.

DOI: 10.17457/IF8_2017/MOD

Théâtre et traduction, Québec-Italie : retraductions, adaptations, réécritures

Fabio Regattin

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Cette étude s’inscrit dans un travail de plus longue haleine, qui voudrait mener à une histoire du théâtre québécois en italien. Le texte se concentre sur les retraductions, à savoir les cas où, face à un seul texte-source, plusieurs versions-cible sont présentes. Le textes ayant donné lieu à une telle prolifération sont Les Belles-soeurs (1968) de Michel Tremblay, Le Polygraphe (1997) de Robert Lepage et Marie Brassard, et 15 secondes (1997) de François Archambault. À ces textes s’ajoutent quelques cas de réécriture partielle : des versions revues de traductions déjà publiées (il s’agit de trois textes de Michel-Marc Bouchard : Les Feluettes, 1987, Le Voyage du couronnement, 1992, et Le Chemin des passes dangereuses, 1998). L’article esquisse les raisons de ces retraductions/réécritures, en les lisant à la lumière de quelques travaux savants sur la retraduction et des pratiques – textuelles, traductives – relatives au milieu théâtral.

DOI: 10.17457/IF8_2017/REG

 

Traduire l’ostie d’bédé : variation, plurilinguisme, realia

Anne Giaufret

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Cet article présente quelques réflexions sur la traduction d’une bande dessinée québécoise, L’Ostie d’chat, projet qui a vu le jour au sein d’un atelier pour les étudiants de la filière en médiation linguistique. Il s’agit d’une bande dessinée réalisée per deux jeunes auteures montréalaises qui s’adresse à un public de jeunes adultes. Les contraintes imposées par le medium bande dessinée et par sa réception conduisent à une réflexion plus large sur la traduction de la bande dessinée, notamment sur des problématiques liées à la variation linguistique, au plurilinguisme et aux realia. En particulier, notre réflexion porte sur la traduction des sociolectes (ici, le français parlé des jeunes Montréalais), sur les textes plurilingues et leur traitement lorsque l’une des langues présentes est celle dans laquelle on traduit le texte, et sur les realia porteurs de contenus culturels nord-américains (culturèmes).

DOI: 10.17457/IF8_2017/GIA

Les expressions figées québécoises dans un corpus parallèle de traduction littéraire (français, italien, espagnol)

Valeria Zotti

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Les expressions figées sont des structures imprévisibles aux niveaux sémantique et syntaxique. Nous allons d’abord parcourir les difficultés de compréhension et de traduction qu’elles posent, en analysant les causes qui amènent les traducteurs à ne pas toujours reconnaître ces expressions, et nous allons évoquer ensuite les stratégies pour les surmonter. Nous nous concentrerons sur les spécificités des expressions québécoises, à travers l’examen d’un échantillon tiré de Qu.It, une ressource électronique intégrant un corpus monolingue associé à un corpus parallèle bilingue, une base de données lexicographiques et une archive de traductions. Nous montrerons que le recours à un outil tirant profit des progrès des nouvelles technologies peut rendre service aux traducteurs qui se mesurent à des ouvrages littéraires québécois.

DOI: 10.17457/IF8_2017/ZOT

Autour du québécois vargassien : entrevue avec Yasmina Melaouah

Cristina Brancaglion

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Fred Vargas a suscité un vif débat en mettant en scène, dans le roman Sous les vents de Neptune (2004), des personnages québécois caractérisés par un recours régulier aux particularités locales. Nous allons retracer ici la polémique que ce roman, et son accueil enthousiaste de la part des Français, ont suscité au Québec, pour offrir ensuite un regard externe sur la question à travers une entrevue avec la traductrice italienne, Yasmina Melaouah. L’objectif sera celui de comprendre comment elle a interprété cet aspect du roman, mais aussi de saisir ses stratégies de transposition du québécois et d’apprécier la façon dont elles ont été reçues par le public italien.

DOI: 10.17457/IF8_2017/BRA